RDC : vers un programme historique avec le Fonds Monétaire International

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Lors du 134ème conseil des ministres, le ministre des finances a partagé les résultats de la délégation congolaise au cours des Assemblées de printemps du Groupe de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) à Washington, aux États-Unis. La République démocratique du Congo a reçu des éloges pour ses élections de décembre 2023 et ses progrès macroéconomiques.

“La RDC a été félicitée par les hauts représentants des institutions de Bretton Woods pour l'organisation des élections pacifiques et les avancées réalisées sur le plan macroéconomique, notamment la croissance économique qui demeure vigoureuse et les réserves internationales qui sont passées de moins d'un mois avant le Programme à 2,7 mois d'importation des biens et des services”, peut-on lire dans le compte-rendu de la 134ème réunion ordinaire du conseil des ministres.

Par contre, le FMI note que des efforts accrus sont nécessaires pour mobiliser davantage de recettes et rationaliser les dépenses afin de financer les investissements et les dépenses prioritaires pour une croissance inclusive.

Les recommandations du FMI soulignent l'importance des politiques budgétaires et monétaires prudentes pour conclure avec succès la sixième revue et établir un programme avec le FMI pour la première fois dans l'histoire de la RDC. De plus, des mesures ambitieuses pour renforcer la gestion des finances publiques, améliorer la gouvernance des entreprises publiques et promouvoir le projet Grand Inga sont essentielles pour débloquer la première tranche de l'appui budgétaire cette année.

“En ce qui concerne la conclusion de la sixième et dernière revue, des politiques budgétaire et monétaire prudentes en ligne avec les recommandations de la mission du Département Afrique du FMI devraient permettre de parvenir à une conclusion satisfaisante de cette revue et de finaliser, pour la première fois dans l'histoire de la RDC, un programme avec le FMI”, ajoute le compte-rendu de la réunion.

La Banque mondiale a enfin, souligné l'importance de l'appropriation du projet Grand Inga au plus haut niveau, en recommandant la création d'un Comité interministériel dédié pour assurer sa coordination. En vue des risques de détérioration persistants et des perspectives de croissance mondiale moroses à moyen terme, le FMI a conseillé aux pays membres, y compris la RDC, de maintenir la stabilité des prix, d'améliorer la viabilité budgétaire et de protéger la stabilité financière, tout en promouvant une croissance inclusive et durable. La priorité reste la constitution de marges de manœuvre budgétaires pour financer les investissements prioritaires dans les infrastructures et le capital humain.

Dans son intervention lors d'un briefing presse, le 24 avril dernier, le ministre des finances, Nicolas Kazadi, a évoqué l'accroissement des ressources extérieures à hauteur de 5 milliards USD mais aussi l'accroissement de l'investissement direct étranger. Sur le plan du secteur privé, il a évoqué un accroissement net de l'investissement direct étranger qui était, en 2020, à environ 1 milliard 400 millions. Actuellement, il s’élève à 2 milliards 100 millions.

Rappelons que les Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du FMI ont lieu principalement à Washington et, tous les trois ans, dans un pays membre autre que les États-Unis, afin de marquer le caractère international des deux institutions. Ces deux organes ont pour mission de donner aux Conseils des gouverneurs des avis sur les grands dossiers mondiaux : conjoncture économique mondiale, lutte contre la pauvreté, développement économique, efficacité de l’aide, etc.

Sublime Koyi, stagiaire UCC